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OSHEAGA 2026 : le récit d'une 19e édition portée par les surprises et une affluence historique

  • Photo du rédacteur: RYMER&Co
    RYMER&Co
  • 6 août
  • 5 min de lecture

Osheaga 2026 a réuni 151 000 festivaliers au parc Jean-Drapeau. Retour sur trois jours marqués par Twenty One Pilots, Tate McRae et Lorde.


Osheaga Festival
Osheaga 2026

Il y a des week-ends qui confirment une réputation plutôt qu'ils ne la construisent. Celui-ci en faisait partie. Pour sa 19e édition, OSHEAGA a une nouvelle fois transformé le parc Jean-Drapeau en épicentre musical nord-américain, avec 151 000 personnes sur place, plus de la moitié venues de l'extérieur du Québec, réparties sur six scènes et trois journées de programmation dense, où le hip-hop a croisé l'électro, où le rock a repris du terrain, et où la pluie, loin de gâcher la fête, a fini par en faire partie.


Vendredi à Osheaga : le coup d'envoi


Dès l'ouverture des grilles, le ton était donné. À la scène de l'Île Coca-Cola, MPH a fait grimper la température avant qu'Amelie Lens ne prenne le relais avec un set qui a converti une partie du parc en piste de danse à ciel ouvert. Du côté de la VALLÉE Belairdirect, la surprise est venue de Leon Bridges, ajouté à la programmation quelques jours seulement avant le festival : sa présence, portée par la sortie récente de son album Happiness Anytime, a attiré une foule bien plus dense que prévu, et son interprétation de « River » restera parmi les images fortes de cette première journée. JID a enchaîné avec un set qui a confirmé pourquoi son nom circule de plus en plus dans les conversations sur la scène hip-hop.


La soirée a aussi été marquée par des débuts et des retours. YOASOBI, duo japonais figure montante de la J-pop, signait sa toute première apparition canadienne sur la scène de la FORÊT Banque Scotia, avec une énergie qui a visiblement pris de court une partie du public découvrant l'univers du groupe en direct. Geese a de son côté rappelé que le rock garde toute sa place dans la programmation, tandis que Max McNown, visiblement à l'aise devant un public montréalais qu'il connaît déjà, a profité de son passage pour annoncer un second rendez-vous, deux semaines plus tard, à LASSO Montréal.


The xx a offert l'un des instants les plus inattendus de la journée : au cœur de son set sur la scène de la MONTAGNE Coors Light, le chanteur Oliver Sim est descendu dans la foule pour chanter directement à un bébé présent parmi les festivaliers, une parenthèse aussi brève qu'évocatrice de l'intimité que le groupe parvient encore à créer sur de grandes scènes. Un peu plus loin, Wet Leg a livré son set juste avant l'arrivée de la pluie, et The Neighbourhood a réuni une foule immense reprenant « Sweater Weather » en

chœur.


Twenty One Pilots
Twenty One Pilots à Osheaga / Photo : Tim Snow

La soirée s'est conclue en tête d'affiche avec Twenty One Pilots, dont la prestation sur la scène de la RIVIÈRE Bell a combiné mise en scène soignée, effets pyrotechniques et proximité constante avec le public. Le batteur Josh Dun a livré une performance remarquée juchée au sommet de la structure scénique, avant qu'un moment plus inattendu encore ne vienne clore la soirée : un agent de sécurité du festival, invité sur scène, a interprété « Ride » aux côtés du groupe, le genre de détail qui, sans être planifié, finit par résumer l'esprit d'un festival mieux qu'un chiffre d'affluence.


Samedi : la journée la plus dense, complet dès l'ouverture


Le samedi affichait complet, comme c'est désormais l'habitude à OSHEAGA depuis plusieurs éditions consécutives, et la programmation a tenu la promesse d'une journée sans temps mort. Stella Lefty a ouvert le bal sur la scène de la MONTAGNE Coors Light devant un public déjà acquis, notamment sur sa reprise de « Unwritten ». SOMBR, lui, a marqué les esprits dès son arrivée sur scène, à bord d'une décapotable, avant que son drapeau « SOMBR loves Montreal », peint et brandi en direct, ne devienne l'une des images les plus partagées de la journée.


Little Simz a démontré une polyvalence rare, alternant entre passages de hip-hop percutant et incursions en DJ set, tandis que Franz Ferdinand, sur la scène de la FORÊT Banque Scotia, a livré une prestation à la hauteur de sa réputation scénique. La journée s'est refermée sur cette même scène avec Empire of the Sun, pour une première montréalaise à la mise en scène théâtrale, costumes extravagants compris.


Little Simz
Little Simz à Osheaga / Photo : Benoit Rousseau

Mais l'un des moments les plus révélateurs de l'époque actuelle est venu d'une annonce de dernière minute : Angine de Poitrine, dont l'ascension s'est faite en quelques mois à peine, a été confirmé au line-up le matin même, et une partie non négligeable du public s'était déjà présentée en tenues à pois pour l'occasion. À la scène de la RIVIÈRE Bell, la foule a littéralement ondulé au même rythme, dans une scène rarement observée avec cette intensité.


La journée s'est conclue avec Tate McRae, de retour à Montréal pour sa toute première performance à OSHEAGA. Devant une foule dense venue en grande partie pour elle, l'artiste canadienne a livré un show porté par des chorégraphies précises et une setlist construite sur ses plus grands succès. « I'm excited to be back home. Montreal, in my opinion, has always been one of the loudest crowds on tour », a-t-elle confié au public, une déclaration accueillie par un chœur de voix qui l'a accompagnée jusqu'au feu d'artifice final.


Gunna
Gunna à Osheaga / Photo : Tim Snow

Dimanche : quand la pluie devient un personnage à part entière


Le dimanche affichait lui aussi complet, une première pour cette journée habituellement moins courue que le samedi, et la pluie, plutôt que de vider le site, a semblé resserrer les rangs. Tia Wood a ouvert la scène de la VALLÉE belairdirect avec une prestation célébrant ses racines autochtones, avant que Subtronics ne livre un set électrisant. Visiblement touché par l'accueil, l'artiste a rappelé que Montréal comptait parmi les premières villes à lui avoir offert une scène, avant de qualifier sa propre prestation de meilleure de son année, une déclaration rare venant d'un artiste en pleine tournée.


Sur la scène de la MONTAGNE Coors Light, Gunna a livré une performance ponctuée d'effets pyrotechniques qui a confirmé sa place parmi les figures dominantes du hip-hop actuel. Sur la RIVIÈRE Bell, CMAT a fait la démonstration d'un charisme scénique peu commun, allant jusqu'à créer une allée au cœur du public pour s'en approcher physiquement, tandis que Zara Larsson a enchaîné les succès avec une présence scénique constante.


La 19e édition s'est refermée sur Lorde, dont le retour à OSHEAGA prenait une dimension particulière : treize ans après sa toute première apparition sur ce même site, l'artiste a évoqué la place qu'occupent Montréal et le Canada dans son parcours. Comme en écho à ce premier passage, la pluie s'est de nouveau invitée pendant son set et des milliers de voix ont repris « Ribs » en chœur, offrant une clôture aussi sobre qu'habitée.


Zara Larsson
Zara Larsson / Photo : Tim Snow

Ce que confirme cette édition


Au-delà des prestations individuelles, cette 19e édition dit quelque chose de la trajectoire du festival. Pour une quatrième année consécutive, les billets pour le samedi et les laissez-passer trois jours se sont écoulés avant même l'ouverture des grilles ; cette année, le dimanche a suivi la même courbe, un signal difficile à ignorer sur l'évolution de la demande. Avec plus de 151 000 festivaliers et une majorité venue de l'extérieur du Québec, OSHEAGA confirme aussi son rôle de point de convergence au-delà du marché local, un statut que peu de rendez-vous musicaux nord-américains peuvent revendiquer avec la même régularité.


Reste un site qui continue de jouer un rôle à part entière dans l'expérience : un parc Jean-Drapeau bordé par le fleuve Saint-Laurent, accessible en transport collectif, où la météo, qu'il s'agisse de pluie ou de soleil, finit toujours par s'inscrire dans le souvenir collectif plutôt que de le perturber. Entre débuts marquants (YOASOBI, Empire of the Sun), retours symboliques (Lorde, The xx, Turnstile) et ascensions fulgurantes (Angine de Poitrine, SOMBR), cette édition aura surtout confirmé une chose : la capacité de la programmation à faire cohabiter des publics qui, ailleurs, se croisent rarement.


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Journaliste : DR

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